Nous avons encore envie.

Toute ma vie d'adulte, une seule question a guidé mes pas : avons-nous encore envie d'un destin libre et souverain pour notre pays ?

En parcourant la France ces derniers mois, en allant à la rencontre de femmes et d'hommes de toutes conditions, de tous les âges, de toutes les sensibilités, j'ai compris une chose simple : si le courage manque souvent au sommet, une envie irrépressible traverse la société. Une envie brûlante d'autre chose que ce lent déclin qu'on nous promet.

Je sais désormais que nous sommes nombreux, très nombreux à ne plus supporter ce sentiment d'impuissance qui nous mine. Nombreux, très nombreux, à ne plus tolérer cette incapacité à dire, assumer, défendre ce que nous sommes et voulons être ensemble. Nombreux, très nombreux à vouloir que notre démocratie cesse d'être aussi faible. Nombreux, très nombreux, à être frustrés, blessés, meurtris par ce que nous voyons, ce que nous sentons, ce que nous vivons : le renoncement de notre nation et de notre civilisation. Nombreux, très nombreux à avoir encore envie.

Envie de quelque chose de plus beau et de plus grand pour la France et pour nous-mêmes. Envie de redire combien nous sommes fiers d'être français. Oui, fiers. La gauche a trop longtemps eu du mal à prononcer ces mots. Le temps est venu de reprendre la flamme nationale au parti qui l'usurpe depuis des décennies. Nous assumerons la bataille du patriotisme français jusqu'au bout.

Alors que depuis des mois, on essaie de nous faire croire que tout serait joué d'avance, que la France serait vouée à tomber dans le piège mortifère du Rassemblement National, que notre destin se réduirait à un face-à-face entre Jean-Luc Mélenchon et les héritiers de Jean-Marie Le Pen — or entre les deux extrêmes qui asphyxient notre pays, il n'y a pas rien : bien au contraire. Entre les chantres de la « Nouvelle France » et ceux du « Grand Remplacement », il y a nous — la gauche républicaine, démocrate, écologique et européenne. Et nous sommes là pour montrer qu'elle est bien vivante.

À nous de dire et d'aimer la France avec des mots plus beaux et plus grands que ceux de Le Pen et de Bardella, de Knafo et de Zemmour. À nous de proposer un agenda de souveraineté plus ambitieux que le leur. À nous d'esquisser un chemin plus crédible vers la puissance. À nous de redonner à notre nation un destin à la hauteur de son histoire.

Je le dis avec conviction : seule notre force de gauche — lucide et rassembleuse — saura porter des solutions efficaces sur la justice sociale et l'écologie. Elle seule a encore la force de se battre pour notre jeunesse, pour nos emplois, pour nos écoles et nos services publics. Seule notre gauche saura faire face aux menaces de Bolloré, Stérin, Trump, Poutine ou des « tech bros » de la Silicon Valley.

Gabriel Attal et Édouard Philippe, premiers artisans du macronisme, n'incarnent plus le changement dont la France a tant besoin. Les Françaises et les Français aspirent à autre chose qu'à la continuité d'un système qui a fracturé le pays et nourri partout le sentiment d'abandon.

Partout où je me rends, des quartiers populaires de Marseille aux écoles rurales des Deux-Sèvres, des hôpitaux de Rouen aux places de village du Tarn, je rencontre des citoyens et des citoyennes qui refusent la résignation. Des femmes et des hommes qui croient encore en la capacité de la France à se relever, à se rassembler pour écrire une nouvelle page de son histoire.

De cette conviction profonde, j'ai tiré un livre paru il y a quelques jours qui s'intitule Nous avons encore envie (aux éditions Allary). C'est mon ouvrage le plus personnel et le plus militant, et je vous invite à le lire et à me dire ce que vous en pensez.

Notre mouvement pour une France qui relève la tête — et qui écrit son histoire en grand — s'amplifie un peu plus chaque jour.

Ce weekend, le samedi 13 juin à 18 heures, nous serons des milliers aux Docks de Paris pour affirmer avec force que nous avons envie de nous battre pour un avenir meilleur. Ce sera bien plus qu'un meeting : ce sera un point de départ, festif et collectif, un moment de détermination, de partage, de rencontres.

Vous qui me lisez ici depuis des années, j'espère vous y retrouver nombreux.

Je sais combien ce combat vous tient à cœur — c'est le moment de montrer notre force.

Raphaël Glucksmann

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Par Raphaël Glucksmann

Raphaël Glucksmann est un essayiste, homme politique et député européen, connu pour son engagement sur les questions démocratiques, sociales et environnementales. Fondateur du mouvement Place Publique, il met son influence au service du débat public et de la mobilisation citoyenne.

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